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POÈME : "LA COURONNE EFFEUILLÉE"

  • Photo du rédacteur: Gloriabba
    Gloriabba
  • 5 oct. 2017
  • 1 min de lecture

"J’irai, j’irai porter ma couronne effeuillée

Au jardin de mon père où revit toute fleur ;

J’y répandrai longtemps mon âme agenouillée :

Mon père a des secrets pour vaincre la douleur.


J’irai, j’irai lui dire au moins avec mes larmes :

"Regardez, j’ai souffert". Il me regardera,

Et sous mes jours changés, sous mes pâleurs sans charmes,

Parce qu’il est mon père, il me reconnaîtra.


Il dira: "C’est donc vous, chère âme désolée ;

La terre manque-t-elle à vos pas égarés ?

Chère âme, je suis Dieu : ne soyez plus troublée ;

Voici votre maison, voici mon coeur, entrez !"


Ô clémence! Ô douceur! Ô saint refuge ! Ô Père !

Votre enfant qui pleurait, vous l’avez entendu !

Je vous obtiens déjà, puisque je vous espère

Et que vous possédez tout ce que j’ai perdu."


Marceline Desbordes-Valmore, Poésies inédites (extrait)

CRÉDITS :

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